140 Chants d'oiseau

 

ET OUI C'EST FINI DEPUIS LE 23 mars 2016 !

sur Twitter, sur Facebook... et sur ce site.

événement référencé dans

l'agenda du Printemps des Poètes 2016 !)

 

Merci de m'avoir suivi, c'était chouette !

Voici donc regroupés tous les Chants d'oiseau (ou Tweets) parus sur le web (Twitter et Facebook) et illustrés (systématiquement à partir du #22).

Je les ai déjà classés par thèmes en vue de leur mise en forme sous l'aspect d'un long poème en prose.

Mais - et j'insiste sur ce point - ils sont écrits dans le désordre, sous la double contrainte de l'inspiration et de leur écriture en 140 signes très exactement (et pas 139 ou 141 ! ).

Voilà j'espère que leur (re)lecture vous intéressera. N'hésitez pas à me communiquer vos impressions (kontakt, facebook, twitter...)                                                                      

                                                                                     Jean Effer 12 septembre 2015

 

                                                 (Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir)

Chants d'oiseau 1 à 14 (seulement 6 ont été illustrés : 1 - 2 - 4 - 8 - 11 et 14)

 

 

#1

Quand le Soleil sera devenu Géante Rouge et l'Univers plus que cendres et poussière, nous en rirons, mon ami, nous rirons de nos souvenirs !

#2

Je suis sur la branche mais ne vous vois pas, m'envole mais ne sais où, partout dans le ciel je suis : peu à peu je disparais dans le nuage.

#3

Je ne comprends pas ce qui s'est passé entre ce visage d'hier et ces blanches rides. Souvenez-vous de nous comme nous étions en ce temps-là.

#4

Ce monde va être un jour hors de ma vue comme je serai hors de sa vue. Il faut donc me remplir de joie de vivre, jusqu'aux yeux, à ras-bord.

#5

Dans le champ des possibles s'élève le chant de notre vie : quand a-t-il commencé, où se terminera-t-il, quelles harmonies entendrons-nous ?

#6

Les riches, les destructeurs et les imbéciles s'entendent sur ce point : le Paradis n'aura pas lieu sur Terre ! En tout cas, pas maintenant.

#7

Nous aurions pu vivre n'importe quel Temps de l'Humanité. Nous ne vivons que dans le Présent qui défile, et dont nous ignorerons l'Histoire.

#8

Si j'avais su ce qu'elles me réservaient, j'aurais pris mes décisions avec moins d'insouciance. Mais alors, qu'aurai-je pu savoir d'absolu ?

#9

Il y a ce fil qui nous fait penser l'un à l'autre, nous rendant proches malgré la route et la montagne qui sépare, plus sonores que l'amour.

#10

« Sur les films des années 70, les couchers de soleil étaient plus tangibles, la musique allait à l'essentiel », s'émut le vieux devant moi.

#11

Que ne donnerai-je pour vous voir revenir, pour faire taire cette souffrance encore saignante, ces regrets amers, ce vide que vous laissez !

#12

Plumage tourbillonnant dans le sens de la montre d'un œuf, l'aiguille de mon bec perfore la frêle coquille pour commencer à vivre ! J'éclos.

#13

Est-ce que je resterai à l'ombre ? M'envolerai-je en plein soleil ? Aurai-je niché sous les taillis, en haut d'un arbre ? Quel choix vivre ?

#14

Un chant de liberté, un rêve de création permanente, loin de la mort. Sur cette plage, face au soleil et à la mer ? Aucun risque. Sauf si...

 

Chants d'oiseau 15 à 28 (n'ont pas été illustrés : 15 - 16 - 21)

 

 

#15

Le temps passe vite mais nous prenons le temps de le faire revivre, à travers nos personnages, nos visages qui vont si bien avec nos propos.

#16

A mes parents, à l'avenir. A mes enfants et à leurs rires. Tel un oiseau des mers, je prends l'océan et crie leurs noms au-dessus des flots.

#17

Nos vies sont les pages d'un livre que l'on feuillette. Combien d'existences peut-on y lire ? Sur quels paragraphes s'écrit notre destinée ?

#18

Nous avons juste le temps d'ouvrir les yeux, de voir, pour rendre compte de ce que nous voyons. A peine un clin d’œil, un battement de cils.

#19

Est-ce que tu m'aimes encore ? Mais qu'est-ce que l'amour ? En avons-nous gardé la même définition, a-t-il seulement toujours le même goût ?

#20

Tu ne fais que te replier sur toi, tu en oublies le monde extérieur. As-tu déjà vu un piaf faire un selfie ? Ma foi, tes ailes t'encombrent.

#21

Quand tu avais le temps, tu t'en jouais. Jeune, tu le perdais à volonté. Mais c'est lui qui s'est joué de toi, entre-temps. Il est l'heure !

#22

Un chant solitaire, une symphonie collective, un timbre inconnu ou une mélodieuse étrangeté : que m'importe d'où vient la musique, j'écoute.

#23

Qu'est devenue ta vie ? Où sont passés tes sourires, tes joies et même tes souffrances ? J'ai rallumé dans l'entrée mais tu n'étais plus là.

#24

L'amour est silencieux mais la haine n'est que bavardages criards et stériles. Je ne pense pas continuer à vivre dans un tel bruit de fond !

#25

Quand tu as perdu tes repères, tu te retrouves seul face à toi-même devant ce ventilateur, œil qui tourne, scrute et hypnotise de ses pales.

#26

Les autres ne sont pas moi : je prends de l'altitude pour mieux discerner les détails de ma vie et y plonger avec délices mêlées de crainte.

#27

Les ailes, avant d'être déployées, sont lissées avec ardeur et précaution. Le bec fourrage les plumes de l'écrivain, l'oiseau tombé à terre.

#28

Je ne serai pas ce pigeon écrasé sur la route, aux plumes fracassées, semblant planer de profil. Je ne serai pas non plus ce canari savant !

 

 

Chants d'oiseau 29 à 42

 

 

#29

Depuis le haut des buildings jusqu'au pied des falaises, des miroirs au couchant jusqu'aux océans limpides, le faucon de la ville voit tout.

#30

Le jour où il ne poussera plus de mauvaises herbes, nous aurons du souci à nous faire. Du moins, c'est ce que je crois, posé sur ma branche.

#31

Je veux que tu revives, que ta mort ne soit qu'une simple maladie, un état facultatif au plus. Que tu te réveilles, tu l'as déjà fait, non ?

#32

Je te construirai une tonnelle, étalerai à tes pieds un parterre multicolore, et t'inviterai, mon amour, tel l'oiseau jardinier d'Australie.

#33

J'essaie d'apprendre ton langage en vain, frère oiseau. Alors que toi tu es capable de parler les chants d'autres espèces. Comment fais-tu ?

#34

Si mon esprit s'envole à ma mort, qu'en aura-t-il été durant mon existence ? Ne sachant si j'aurai eu le regard acéré de l'aigle sur ma vie.

#35

Je vois sautiller un oiseau gris sur les branches de l'olivier. Puis une tourterelle arpenter l'herbe coupée, au loin survoler deux rapaces.

#36

Je croyais juste survoler le Monde au gré des mouvements ascendants ou descendants de mes idées. En fait je le vois bien mieux qu'autrefois.

#37

L'enfance change car la vie la dérange : je me blottis dans le nid. Tout ce passé me manque, je ne reconnais plus l'endroit où je me trouve.

#38

Je crois me rappeler le bec du toucan. Il me fascine avec ses couleurs bigarrées. Mais je m'en souviens mal, les vois striées sur fond noir.

#39

C'est un chant d'oiseau, chant sacré. Ne peux-tu l'entendre ? Si le silence a envahi les villes, il est grand temps de les fuir à ton tour !

#40

L'oiseau se réveille avec le soleil, il s'endort à la nuit tombée. Que fait-il d'un jour qui s'étend, de sa vie qui plane entre deux rives ?

#41

L'avion peut s'abîmer en mer ou sur le flanc d'une montagne voire au décollage. Ici, personne à bord, je vole en toute liberté, sans pilote.

#42

Le chanteur d'Afrique est revenu sur sa cage, un an après s'être échappé, pour saluer ses frères captifs. Puis il est reparti pour toujours.

 

 

Chants d'oiseau 43 à 56

 

 

#43

Tes plumes brillent comme les cordes d'une lyre, sur laquelle on pourrait jouer la chanson de l'avenir. Approche, que je connaisse le futur.

#44

Perdu parmi toutes les phrases possibles et inconnues, je tente d'écrire les miennes. Après tout, elles doivent bien avoir leur sens propre.

#45

Dans la volière, je cherche ma place. Sur le perchoir, j'examine mes voisins. Faute d'intérêt pour l'environnement, je cherche la mangeoire.

#46

Parfois avec les potes, on fait une descente sur les rayons : on pille, sous l’œil bête des caméras. Et puis on remonte dans les structures.

#47

Est-ce parce qu'il a des taches jaunes que le manchot-empereur est un bon parent... ou bien est-ce l'inverse ? Ces questions sont absurdes !

#48

Si notre soleil finit par exploser en une géante rouge, à moins que notre galaxie ne soit absorbée par une autre, à quoi rime donc mon vol ?

#49

Je ne comprends pas ce qui pousse l'Humanité à se complaire dans des jeux de rôles puérils quand tout ce qui l'attend est l'oubli, le néant.

#50

 Pourquoi ai-je tant de mal à chanter l'amour ? Est-ce l'impression d'être en cage avec l'autre ou de perdre ma liberté à force d'en parler ?

#51

Et si les seuls instants valables dans cette vie qui ne fait que s'éteindre peu à peu étaient les étincelles dans le regard de l'être aimé ?

#52

Je pense avec difficulté à ceux qui ne sont plus là, pas là, pas encore là. Car un battement d'ailes de l'âme ne suffit pas à les atteindre.

#53

J'ai beau observer son plumage, écouter son chant, je ne connais pas ce genre d'oiseau. Il aurait fallu que je puisse le demander à ma mère.

#54

Je survole deux maisons. L'une où l'on rêve de belles machines, l'autre de poèmes inédits. Ici et là, deux frères aux rêves contradictoires.

#55

Tu passes tel un oiseau qui danse, volettes les ailes déployées. Puis, tu files dans le couloir, aérienne, insaisissable. Et tu m'échappes.

#56

 Que se passe-t-il dans ta tête de moineau ? Toujours à t'agiter, à gaspiller sans cesse ton énergie pour te nourrir. Réfléchis donc un peu !

 

 

Chants d'oiseau 57 à 70

 

 

#57

Un an déjà et je ne peux te souhaiter ce triste anniversaire. J'aimerai que ton âme revienne se poser sur une branche, après un si long vol.

#58

L'oiseau a toutes les voyelles, dit l'un. Le matin n'a pas son compte, dit l'autre. N'ayant de mots consonnes, j'attends les chants du soir.

#59

Après tant de chants d'oiseau, trop peut-être, je m'envolerai, ayant fait le tour de la question. Et je franchirai enfin la ligne d'horizon.

#60

Nulle âme qui vive : ils sont vraiment tranquilles ici. Même pas un oiseau pour les réveiller. C'est ce qui m'inquiète : pas un seul oiseau.

#61

Cette pluie contrariant mon vol, j'ai laissé passer l'orage comme un oiseau craintif. A l'abri sous le feuillage, j'ai veillé toute la nuit.

#62

Ils disent revoir les modalités de circulation. Gouverner par la peur, faire vivre dans la peur ! Libres comme l'air, mes pensées circulent.

#63

Où allons nous mes frères ? Emportés par le magnétisme terrestre, survolant icebergs en perdition, nous fonçons vers un terrible maelström !

#64

Le chant d'un oiseau dans un arbre au matin... Je ne peux en expliquer la portée profonde, derrière ce plaisir fondamental, ce sens premier.

#65

Elle, plumage blanc, queue grise. Lui, gris et noir classique. Un couple de pigeons sur les pierres du quai donnent les couleurs de l'ombre.

#66

Plus rien ne sera comme avant. Tout n'évolue pas en bien, battement d'ailes, mais tout n'évolue pas en mal, battement d'ailes. Je me pose ?

#67

La fragilité sera ma force. La légèreté des plumes aura le poids de mon âme. La dureté de mes serres sur la branche deviendra détermination.

#68

Dans les feuillages, sous la canopée, en sous-bois, s'agite un monde animal : des anges, énervés de voir passer les promeneurs indifférents.

#69

Je t'ai connu souriant, fusillant, égorgeant, pillant, déportant, exterminant... Aucune femme au monde ne ferait ça ! Aucun oiseau non plus.

#70

Chaque phrase est un vers abouti, le détail d'un texte qui le dépasse. Une poésie en prose, nouvelle. La réponse à mes questions d'écrivain.

 

 

Chants d'oiseau 71 à 84

 

 

#71

Je souhaite que les rapaces me débarrassent des serpents, que l'averse abreuve le jardin : que les cieux soient cléments à ma vie terrestre.

#72

Je n'ai pas fait le deuil de mes histoires d'amour, n'en ai pas fait le tour. Suis resté sur le seuil avec l'impression de les vivre encore.

#73

Il faut enlever ce nid sous le préau. Pas de fiente d'oiseau sur la tête d'un élève ! Or, l'oiseau est triste de devoir quitter les enfants.

#74

En passant la tondeuse, le jardinier pense à l'oiseau. En passant dans le ciel, l'oiseau voit le jardinier. Qui se souvient de la tondeuse ?

#75

Seuls, nous ne sommes rien. Ensemble, nous devenons nuage de points, danse infinie, baleine dans le ciel : le stade critique jamais dépassé.

#76

Pendant des semaines je ne les vois pas. Puis, soudain, un beau jour, une volée de moineaux s'abat sur le pain que j'ai laissé dans l'herbe.

#77

L'arbre aux moineaux se remplit de constellations, d'une multitude de nombres, variables aléatoires. Comme sur la grille d'un jeu d'enfants.

#78

Je me demande parfois si, dans le point infini qu'est la mort, moment de perdition voluptueuse, le vol planant ne serait pas devenu éternel.

#79

L'oiseau en V supporte le poids du ciel bleu. Il empêche ainsi nos amours perdues de retomber sur Terre, en cascade de souvenirs implorants.

#80

Maintenant que vous n'êtes plus là, il n'y a rien à faire, à part se souvenir. C'est bien plus dur que vivre, car il faut avoir été présent.

 #81

Vous demeurez désormais allée L. Ailes ? Je n'avais jamais fait le rapprochement. Aussi ai-je perdu ma paire d'ailes. Je suis un ange déchu.

 #82

Une tourterelle est passée tout près de la voiture, frôlant le pare-brise. Un salut, une caresse. Un merci ? C'était toi, je t'ai reconnue !

#83

Si l'eau inonde les terres, où me poser ? Si les glaciers fondent, quand me rafraîchir ? Si le ciel disparaît sous l'averse, comment voler ?

#84

Le ciel me renvoie à mon passé, le couchant à autrefois. Il est pourtant mon présent et mon avenir. J'ai l'impression que tout est possible.

 

 

Chants d'oiseau 85 à 98

 

 

#85

La pie jacasse, l'aigle glapit, le cygne drense, le serin ramage et le moineau pépie. Et moi, j'espère et j'imagine, comme tout être humain.

#86

Lorsque j'étais à l'école, on me fit écrire une rédaction sur ce que je voulais être. J'expliquai longuement que je désirais être un oiseau.

#87

Si leur cerveau périt à leur mort, les défunts ne pensent plus à nous. Est-ce pour cela que nous les pleurons ? Parce qu'ils nous oublient ?

#88

Le ciel, que j'admire et convoite, est ce à quoi j'aspire le plus. De son point de vue, l'oiseau a-t-il ce même type de regard pour le sol ?

#89

Les trains rouillés font face aux barbelés, sur les rails oubliés : des oiseaux migrateurs les survolent, condamnés à l'exode pour survivre.

#90

Nous étions deux. Nous aurions pu être deux jusqu'à la fin. Lequel de nous deux s'est envolé le premier, sur ce point aussi il y a discorde.

#91

J'ai cru d'abord à un oiseau perdu dans les nuages. Mais ce n'était qu'une feuille roulant au sol, et le bruit qu'elle faisait était un cri.

#92

Il faudra bien finir par savoir pourquoi tous ces chants d'oiseau, ces divagations inutiles d'un homme seul et perdu à trop vouloir le ciel.

#93

Tu ne m'appelles pas, tu ne m'appelles plus. Sans doute es-tu lassée de ma personne, tout comme je suis dégoûté de moi-même ? Envolons-nous.

#94

Frottant sur le lampadaire, l'arbre chante. L'orée se découpe sur les nuages éclairés par la lune. Dans la nuit, j'écoute les oiseaux rêver.

#95

Le maître japonais a immortalisé la noble posture du hibou. Mais il a fui dans les phares de ma voiture, depuis la route où il s'était posé.

#96

Certains airs rappellent des lieux où nous avons été heureux. Les mélodies volatiles nous invitent au calme, présage de nos bonheurs futurs.

#97

Tu es un messager de la terre au ciel. Je me rapproche des vivants en ta compagnie, m'éloigne des morts dans ce qui suit, nuage et illusion.

#98

Tu ne connais pas la durée de ta vie : quelques années, des dizaines d'années ? Tu n'as même pas conscience de ta fin, heureux inconscient !

 

 

Chants d'oiseau 99 à 112

 

 

 #99

Je ne vois plus de pigeons sur le gris des trottoirs s'affoler devant mes pas. Même si je n'ai pas oublié l'odeur du métro, Paris me manque.

 #100

 Comment accepter d'oublier les morts pour pouvoir continuer à vivre ? Ce n'est pas juste, même si cela nous permet de reprendre notre envol.

 #101

 La culture permet à l'âme d'être plus légère. Moi, l'oiseau, qui ne suis pas cultivé, je suis pourtant aérien : j'ai le sens inné de la vie.

 #102

Ils ont censuré des mots avec force. Sont-ils forts pour autant ? Pensaient-ils se libérer des problèmes en les supprimant du dictionnaire ?

#103

Grâce aux satellites, on peut suivre la migration des passereaux chanteurs ; savoir où et pourquoi ils meurent. Mais pas comment ils vivent.

#104

Mon âme tournoyait dans le ciel au-dessus des flots, de l'écume, passant entre les mouettes, faseyant comme une voile. Je n'avais plus peur.

#105

Les oisillons qui ont quitté le nid laissent leurs parents déplumés. A eux il ne reste plus qu'à se séparer ou retrouver un sens à leur vie.

#106

Le chardonneret élégant, qui aime les graines de tournesol du trafiquant, finira englué sur une brindille, expédié à l'étranger ou congelé !

#107

Ils sortent à peine du nid, piaffent d'impatience, pleins de vie, d'espoir et de rêves ! Savent-ils seulement que leurs jours sont comptés ?

#108

Plume pour écrire, plume pour voler. Plume pour s'envoler en décrivant. Le texte est un passage vers le ciel afin de rester libre et joyeux.

#109

La pluie découpe en stries verticales le décor alentour qui devient invisible, énigmatique. L'oiseau n'y distingue plus le ciel ni le temps.

#110

L'oiseau de proie tournoyant au-dessus de la route voudrait emporter un véhicule qu'il ne s'y prendrait pas autrement. J'agrippe mon volant.

#111

Des faisans élevés pour la chasse, des pondeuses entreposées en batterie, des exotiques déportés en animalerie... Autant de destins brisés !

#112

Voici le chant qui manquait, créant le lien entre deux autres avec élégance : une plume, symbole de pureté, s'intercalant dans l'interstice.

 

 

Chants d'oiseau 113 à 126

 

 

#113

Déployant les ailes, nous quittons la Terre pour le Soleil. Nous volons sans jamais vraiment savoir où nous sommes. Nous sommes des oiseaux.

#114

Nous sommes si peu. Un battement d'ailes. Souvenirs perdus d'une âme évaporée ou le songe d'une existence. A peine l'assurance d'avoir vécu.

#115

L'oiseau imaginaire a toujours été à mes côtés. Il s'est posé sur mon épaule, m'a aidé en secret, ange gardien m'évitant bien des embûches !

#116

Il se peut que, quelque part, dans l'Humanité présente, quelqu'un détienne la clé de l'existence, le secret de nos vies mais qu'il se taise.

#117

Pendant longtemps on ne les voit plus et on ne les entend pas. Le silence des oiseaux nous submerge. Mais ils n'ont pas disparu pour autant.

#118

L'homme qui a vécu n'est pas un vieux. Il revit sa jeunesse dont la leçon lui apparaît évidente, la savoure encore une fois avec profondeur.

#119

Les oiseaux prisonniers sont nos âmes recluses, nos rêves inassouvis. Les morales obscures d'histoires d'un Temps où nous n'étions pas nés.

#120

Je n'ai pas touché le bois de vos cercueils ni la peau de vos corps alanguis. Ai-je eu tort ? Je vous ai laissés partir ainsi vers l'infini.

#121

La liberté existe, grandes plaques palpables. Il suffit de les saisir à bout de bras, de s'en emparer pour les redistribuer à tout le monde.

#122

Deux échassiers passent, en vol majestueux. Leurs longues pattes lourdes suivent : comment se profilent-elles ainsi le long de leurs corps ?

#123

Ce long et si doux visage aux yeux brillants fut mon premier amour, le dernier que j'ai perdu. Me fallait-il l'éloigner pour qu'il survive ?

#124

Les amours disparues se font écho dans le ciel. Nous partons à la dérive en tentant de recoller les morceaux ou seulement d'y croire encore.

#125

Poète dans une secte matérialiste, je perçois l'inutilité de ma vie dans ce monde futile : celle d'un oiseau sur la bande d'arrêt d'urgence.

#126

Il y a soudain des choses étranges qui chutent à nos côtés : des pierres de l'espace, des larmes de pluie ou bien des nuages de sauterelles.

 

 

Chants d'oiseau 127 à 140

 

#127

Je ne suis qu'un poète dont les idées fourmillent sous le chapeau. Vite, il me faut m'en débarrasser pour m'alléger et m'envoler loin d'ici.

#128

Tous les jours, j'imagine des mots dans l'encre invisible des nuages puis je les écris tous, avec le sang noirci et le sel bleu de la Terre.

#129

Nous ne sommes rien. Je ne suis rien sauf à présent, en ce moment où j'existe en écrivant. Après ça, à peine la plume reposée, je disparais.

#130

J'arrête le moment. Ainsi figé, je ne crains plus rien ni personne. Je suis, un instant, suspension à l'abri de la vitesse infinie du Temps.

#131

A quoi sert de connaître l'heure fatale si ce n'est pour en jouir pleinement ? On voit bien ici la manière dont le destin se moque de nous !

#132

Je veux vivre, non pas chaque seconde ou chaque minute mais chaque année qui me reste afin qu'elle s'éternise comme du temps de mon enfance.

#133

Mais je ne sais où tu vas, je ne sais où se dirigent les oiseaux ! J'ai longtemps cru au hasard de leur vol, sans aucun calcul de leur part.

#134

Il m'arrive de t'avoir à mes côtés. Je te vois, j'entends ta voix, je discute même un moment avec toi. Même si je sais bien que c'est folie.

#135

Il va te falloir payer pour tous tes crimes contre l'humanité, le pire d'entre eux étant celui que tu t'es infligé, ailes brisées à jamais !

#136

Ai-je eu des enfants ? Combien ? Où sont leurs vies à présent ? Et avec qui, comment ? Je ne fais déjà plus partie de leur histoire, hélas !

#137

Si j'étais parti, comment aurai-je pu reconnaître ma fille ou mon fils dans la rue, à quel signe ? Aurai-je imaginé ce qu'ils sont devenus ?

#138

Mon enfance appartient au passé, nid détruit. Elle n'est pas comparable à celle de mes enfants, qui sont les descendants novateurs du futur.

#139

Chair de ma chair, sang de mon sang, dit-on. Et pourquoi pas plumes de mes plumes, bec contre bec, ramage flamboyant du mien qui se ternit ?

#140

Comme j'aimerais être sûr de ma passion, des penchants de mon cœur. Hélas, je ne suis qu'un rêveur que sa propre séduction ne convainc plus.

 

-FIN-

#Chantdoiseau 141 : quand il n'y en a plus, il y en a encore !!! (et ce n'est pas un poisson...)

 

Les oiseaux sont bien les ancêtres vivants des dinosaures disparus. Avec leurs trois doigts, leurs bréchets et leurs plumes, qui l'eût cru ?

 

 

 

 

 

Un nouveau gif de Jean Effer : le compte à rebours est inéluctable !

 

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Mise à jour du

23/10/2020